

C’est désormais une réalité depuis ce jeudi 12 mars 2026, le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari Jean Philippe Mebe a consulté et désigné un nouveau chef dans le village Babenga, situé dans cet arrondissement au mépris de la tradition Sawa et des préalables administratifs.
Après l’arrêté préfectoral de destitution.No002/L/C.16/SDL/ du 22 janvier 2026 signé par le préfet du Moungo contre de SM Modi Dissake, une autre note No67/MP/C16.01/BAG/ du 10 mars 2026 pour la reprise des consultations auprès de la notabilité coutumière de Babenga ; Chef de famille et foyers village BABENGA à une réunion convoquée par le sous-préfet de cet l’arrondissement, Jean Philippe Ngo’o Mebe.
D’abord présentée comme une simple consultation des personnes sur citées, par des pirouettes bien pensées elle s’est finalement transformée en une élection pour désignation d’un nouveau chef du village. Ce revirement de situation a crispé l’atmosphère déjà tendue, les populations rangées dernière SM Modi Dissake ont qualifié cela d’abus de pouvoir administratif.
Elles ont investi l’esplanade de la case communautaire de Babenga afin de participer à cette rencontre supposée permettre aux autorités administratives d’écouter les différentes sensibilités du village sur la question de la chefferie.
A cela s’ajoute l’interdiction formelle au chef du village, Jean Claude Modi Dissake, ainsi que les membres de la famille régnante, d’avoir accès à la salle de la case sociale où se déroulaient les échanges.



Le village s’exprime
Ces événements malheureux ont d’ailleurs suscité l’indignation de nombreux habitants, et curieux manifestement surpris estimant qu’une consultation concernant la chefferie ne saurait se faire sans la présence du chef en fonction et de la famille gardienne de la tradition.
Devant une foule en furie, l’autorité administrative a finalement autorisé l’accès en salle du chef et ses notables.
Pour apporter l’accalmie le sous-préfet a d’entrée de jeu rassuré l’assistance en précisant << Je ne suis pas venu destituer un chef, ni mener une procédure de remplacement, mais simplement pour une consultation visant à recueillir les avis des populations.>> a-t-il indiqué.
La loi est pourtant claire
Le législateur Camerounais, a défini le rôle de l’administration dans la désignation des chefs; la gestion des chefferies traditionnelles, et précisé le cadre juridique qui régule l’organisation des chefferies, suivant le Décret n°77/245 du 15 juillet 1977, << l’autorité administrative veille au respect de l’ordre public et supervise les procédures.>> peut-on lire à son article …. Plus loin il est également dit que << La désignation d’un chef doit se faire conformément aux coutumes et traditions de la communauté concernée, après consultation des familles habilitées et des notabilités traditionnelles.>>
Donc, il ne revient pas à l’administration, d’imposer ou d’orienter un choix qui relève avant tout de la tradition sawa.


La tradition sawa mise en mal : Cas de BABENGA
Au Cameroun, la succession au trône obéit toujours à une logique héréditaire et familiale, la succession est verticale où le fils succède au père.
Sauf dans les cas où un membre direct de la lignée royale succède au Chef.
Or, lors de la réunion de Babenga, le sous-préfet a laissé croire que << la succession dans ce village serait à la fois verticale et horizontale, une interprétation qui permettrait d’élargir le choix à d’autres branches familiales.>> rapporte le 1er notable du Village BABENGA
Cette position est fortement contestée par la famille régnante, qui considère qu’elle dénature la coutume locale et pourrait ouvrir la voie à une succession jugée illégitime.
Le contrôle des terres du village au centre de la discorde
La tension est encore montée d’un cran lorsque le chef Jean Claude Modi Dissake a publiquement accusé le camp opposé de vouloir faciliter la vente des terres du village au profit de Madame Amougou, épouse d’un général d’armée Camerounaise et principale financière du lotissement des terres de BABENGA. Elle serait de mèche avec le camp opposé au Chef Modi Dissake.
Sans pour autant apporter les preuves de ses accusations << Selon certaines voix au sein du village, cette dernière entretiendrait des liens familiaux avec l’autorité administrative ayant convoqué la réunion, ce qui alimente les soupçons d’un éventuel conflit d’intérêts.>>

BABENGA, visage d’un village divisé
À l’issue de cette journée très agitée, le village Babenga présente aujourd’hui les clichés d’une communauté Sawa profondément fissurée par des intérêts égoïstes, d’un côté les partisans de SM Modi Dissake, et de l’autre les partisans de SM Hilaire TOBBO, ex-directeur des ressources humaines de la Communauté Urbaine de Douala.
Le choix d’un chef doit être un facteur de rassemblement et non de divion.
Dans ce contexte explosif, de nombreux habitants appellent les plus hautes autorités administratives et traditionnelles à intervenir rapidement afin de clarifier la situation, vérifier la régularité de la procédure et éviter que la crise ne dégénère en conflit ouvert.
Dim Dim