Après six ans d’interruption, la 12ème session du Cameroon Business Forum des 2026, s’est achevée ce vendredi 23 octobre 2026 à Douala. Le communiqué final cite quatre recommandations adoptées, alors que patronat et chambres consulaires avaient posé des exigences beaucoup plus lourdes.
Le dialogue public-privé a repris. Mais le fossé reste grand. La 12e édition du Cameroon Business Forum (CBF), présidée par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, représentant personnel du Président Paul Biya, s’est refermée ce vendredi à Douala sous le thème : « ZLECAf et transformation productive ».
Six ans après la dernière édition de 2020, le patronat est revenu avec un diagnostic sévère. Le président du GECAM, Célestin Tawamba, a donné le ton à l’ouverture : « Le diagnostic, nous l’avons. Les actes, nous les attendons. Le pays est à l’arrêt ».
Routes dégradées, énergie au groupe électrogène pour 65% des entreprises, pression fiscale, justice lente et insécurité foncière : le GECAM estime que ce n’est plus la compétitivité qui est en jeu, mais la survie des entreprises.
De son côté, le président de la CCIMA, Christophe Eken, a présenté six priorités : promotion du Made in Cameroon, maîtrise du coût des intrants, financement productif à long terme, sécurité juridique des investissements, opérationnalisation de la ZLECAf et consolidation du CBF.
Pour rappel, cette édition dubCBF 2026 a eu pour thème principal : « ZLECAf et transformation productive », axé sur les réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique.

Les quatre recommandations du communiqué final
À l’issue des six ateliers et de la plénière de restitution, quatre recommandations ont été retenues :
1-Fluidifier les procédures administratives et accélérer la dématérialisation du commerce extérieur;
2-Accélérer les projets d’infrastructures énergétiques et routières pour réduire les coûts logistiques. Le GECAM a rappelé que le coût du transport a bondi de 11,7% en 2022, plus de 10% en 2023 et 12,3% en 2024;
3-Faciliter l’accès des PME au financement et à l’industrialisation, avec mobilisation de la BCPME et du plan d’import-substitution;
4-Renforcer la compétitivité des entreprises* camerounaises face à la ZLECAf.
Le dispositif Business Ready (B-READY) de la Société Financière Internationale a été présenté comme outil d’évaluation du cadre réglementaire.

Les Doleances non retenues qui fâchent
Le décalage est perceptible entre les attentes exprimées à l’ouverture et le communiqué final. Parmi les doléances fortes du patronat qui ne figurent pas dans les quatre recommandations : « l’apurement de la dette intérieure de l’État et des crédits de TVA, la réforme de la justice commerciale et la sécurisation du foncier.«
Le GECAM réclamait également une matrice de suivi avec échéances, indicateurs et évaluation à six mois. Il plaide pour l’apurement de la dette intérieure et un meilleur suivi des recommandations du CBF, dont le taux d’exécution était jugé très faible lors des éditions précédentes.
Pour Gaston Manga, l’économiste et planificateur participant à l’édition 2026 : le Cameroon Business Forum retrouve sa place, mais sa crédibilité se jouera désormais sur un indicateur : la transformation des paroles en actes.
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